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Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif
la garnison, et avaient probablement cru l'occasion favorable pour saccager le fort. Cependant, comme on a pu le voir, la surveillance des braves de Montréal gâta la sauce.
Pendant le séjour de ce détachement dans le fort, plusieurs officiers vinrent y faire visite; entr'autres le Gen. Strange, les capitaines Giroux et Bossé et les lieutenants Ostell, Hébert et DesGeorges. Les uns comme les autres ne purent que faire des éloges de la bonne tenue des hommes.
Dans la nuit du 24 de mai, le soldat Laberge, qui était de garde dans le bastion, aperçut deux cavaliers qui s'approchaient du fort avec des allures suspectes. Ne recevant aucune réponse à son qui vive! il déchargea sa carabine et les vit prendre au galop un chemin opposé. La sentinelle du bastion plus loin fit aussi feu sur les fuyards et les vit prendre, à la course, la direction des côtes du Castor.
Le lendemain, on célébra l'anniversaire de la naissance de la reine Victoria. Dans l'avant-midi, il y eut une partie de base ball entre neuf membres du 65e et neuf de la Police à cheval et des Éclaireurs; la victoire resta à ces derniers.
Dans l'après-midi un programme très-bien rempli de jeux de toutes sortes fut exécuté à la lettre.
Pendant la veillée, il y eut un grand bal dans les casernes. Parmi les personnes présentes, il y avait Mesdames major Griesbach; major Butler, A, Lang et Delles Mary Undine Wragge, fille de feu le col. Wragge, J. Inglis, soeur de Made Lang et aujourd'hui épouse du Dr. Tofield, chirurgien-général de la division d'Alberta, et MM. major Griesbach, Dr. Tofield, capitaines des Trois-Maisons et Doherty, et Lt. Labelle.
Il était une heure du matin quand la danse cessa. Des rafraîchissements furent distribués par le sergent-major Patterson, président du comité des jeux.
Le 3 de juin, sur la permission du Lt.-Col. Ouimet, huit hommes de la garnison sous les ordres du Lt. Labelle, se rendirent à St. Albert pour prendre part à la procession de la Fête-Dieu.
Quelques jours plus tard, le Lt.-Col. Ouimet visita le fort. Il se déclara satisfait au plus haut degré et félicita les officiers et les hommes sur leur conduite.
L'événement le plus important qui suivit fut la célébration de la fête St. Jean-Baptiste. Quinze hommes se rendirent à St. Albert sous le commandement du Capt. Doherty pour prendre part à la fête. Ce fut là que le Lt.-Col. Ouimet annonça qu'on avait reçu des ordres de retourner à Montréal aussitôt qu'un bateau, envoyé de Fort Pitt, serait arrivé à Edmonton. La nouvelle fut reçue avec beaucoup d'enthousiasme: la vie de garnison devenait monotone et, malgré tous les charmes de la vie militaire, tous commençaient à réaliser que rien ne peut remplacer le foyer absent.
Dès leur retour au fort, les soldats ne furent pas lents à répandre la bonne nouvelle parmi ceux qui avaient fait la garde en leur absence; et les préparatifs du départ furent commencés.
Le dimanche au soir, le capitaine Doherty alla souper chez M. Fitzpatrick sur l'invitation de ce dernier. M. Fitzpatrick est le frère du savant avocat qui a défendu le malheureux Riel; c'est un cultivateur très-riche; entr'autres propriétés, il est possesseur d'un vaste terrain situé sur la rive nord de la Saskatchewan, vis-à-vis le Fort. Le R. P. Blais et M. Reid, qui est aussi un cultivateur fortuné, étaient au nombre des invités.
Le lendemain matin, le camp était levé et chacun se mettait en route, le coeur gai, pour Edmonton où l'on
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