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Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif

affaire, car plusieurs y ont fait fortune. D'un autre côté, les missionnaires ont perdu toute leur influence
sur les Métis et les Sauvages en révolte. Les chefs de ces rebelles leur ont représenté les prêtres comme

des traîtres vendus au gouvernement. La preuve, c'est que les Sauvages ont massacré deux missionnaires,

ce que n'avaient jamais fait auparavant même les Sauvages idolâtres.

Les blancs ont aussi à se plaindre du gouvernement, Il y a ici d'honnêtes colons canadiens et anglais qui
sont établis sur des terres qu'ils possèdent depuis plusieurs années et qui, cependant, n'ont encore pu

obtenir de lettres patentes.

Si les choses continuent ainsi, avant longtemps, nous aurons une seconde rébellion à abattre et cette fois
ce ne serait plus une révolte de Métis mais de colons canadiens et anglais. L'on se plaint aussi beaucoup

du monopole exercé par la compagnie de la Baie d'Hudson et de la conduite des agents des Sauvages.

L'on tient ces derniers responsables en grande partie des troubles qui ont éclaté dans certaines tribus. On

leur reproche leur incapacité, leur malhonnêteté dans certains cas et souvent leur ignorance complète des

moeurs et coutumes des gens sur les intérêts desquels ils ont la charge de veiller.

Ce sont toutes des nominations politiques; tant qu'il en sera ainsi, les choses ne changeront pas.

Les notes qui précèdent ont été cueillies ça et là, elles ont été fournies à l'auteur par les colons canadiens
des environs, si elles ne sont pas exactes, elles représentent du moins l'état d'esprit dans lequel se

trouvaient nos compatriotes de l'Ouest quand nous sommes passés à Edmonton.

Le bataillon droit du 65e arriva à Edmonton le 1er mai; quatre jours plus tard le bataillon gauche entrait
aussi au Fort. Après que la division du bataillon eût été décidée, le général Strange confia à la compagnie

No. 2 la garde de cette place importante. Le capitaine des Trois-Maisons, assisté des Lts. DesGeorges et

Charest, était l'officier en charge du détachement du 65e, mais le général Strange qui y tenait encore ses

quartiers généraux, en était le commandant. Le 14 mai, le Lieut-Col. Ouimet arriva de Calgarry à

Edmonton, accompagné du Major Brisebois, ancien officier de la Police à cheval et fondateur du Fort

Brisebois connu aujourd'hui sous le nom de Calgarry. Le voyage de Calgarry à Edmonton, deux cent

quinze milles, avait été fait en quatre jours. L'arrivée du colonel fut saluée par des cris de joie de la part

de tous les soldats du bataillon. A peine descendu de voiture, le colonel alla se rapporter au

Major-Général Strange qui le félicita sur son heureux retour. Il le remercia des services qu'il avait rendus

à la division d'Alberta par la manière habile dont il s'était acquitté de sa mission à Ottawa, ajoutant qu'il

regrettait que pour des raisons politiques il s'était répandu tant de fausses rumeurs au sujet de ce voyage.

La même après-midi, le général Strange quittait Edmonton en bateau, accompagné du 92ème d'Infanterie
Légère de Winnipeg, en route pour Victoria où l'attendait le bataillon droit du 65ème. Un ordre de

brigade, lu avant le départ du Major-Général, enjoignait au Lieut-Col. Ouimet de rester à Edmonton

comme commandant militaire du District avec le contrôle des détachements du 65ème en garnison dans

les différents postes, la surveillance des Sauvages des réserves environnantes. Il reçut aussi instruction

spéciale de veiller à maintenir les communications de la colonne expéditionnaire du Général Strange, et

d'assurer son approvisionnement dont la base était Calgarry. A part les officiers déjà nommés, le Capt.

Bossé, capitaine paie-maître du bataillon, resta à Edmonton. Le Major Brisebois qui avait offert ses

services fut accepté comme officier d'état-major et ses services ainsi que son expérience furent d'un

grand prix.

Dès le lendemain du départ du Général Strange, une députation des Canadiens et des Métis de St-Albert,
composée de cinq représentants des deux nationalités, se rendit auprès du Colonel Ouimet avec une lettre

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