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Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif

passa bien tranquille.

Le jour de la fête de la Reine se passa sans autre incident que la réception d'une liasse de "Patries."
C'étaient les premières nouvelles imprimées que l'on recevait. Six jours plus tard, les commissaires

Royaux, chargés de faire une enquête sur les griefs des Métis, passaient au Fort. Ils étaient trois:

Messieurs Forget, Street et Goulet. Le capitaine Palliser était avec eux. Il allait se joindre à l'état-major

du gén. Strange pour y occuper la place de major de brigade. Le même soir, le R. P. Scullen vient

coucher au Fort, et un grand nombre de soldats en profitent pour remplir leurs devoirs religieux. Le

lendemain matin, le bon missionnaire célèbre la basse messe dans le grenier du Fort. Tous les soldats y

sont présents ainsi que les commissaires.

C'est le premier service religieux auquel les soldats assistent depuis leur départ de Calgarry, le vingt-trois
avril dernier.

Le quatre juin, vers les onze heures de l'avant-midi, les soldats sortent à la hâte et présentent les armes à
Sa Grandeur Mgr. Grandin qui arrête au Fort en passant. Il dîne avec le capitaine, et, après dîner, les

soldats vont le visiter sous la tente. Il leur adresse quelques bonnes paroles de consolation, puis distribue

à tous des médailles, scapulaires, etc. Avant son départ, Sa Grandeur bénit le Fort qu'on baptise Fort

Ostell, puis part en promettant que la première mission qui s'établirait sur la rivière Bataille, en cet

endroit, se nommerait Saint-Jean d'Ostell. Quelques jours plus tard, vers le neuf juin, le capitaine, ayant

reçu une dépêche spéciale, se met, en route pour la rivière du Chevreuil Rouge. Il se fait accompagner

d'un détachement de carabiniers à cheval sous les ordres du Lt. Dunn. Le but de sa mission est d'aider un

train très-considérable de transports à traverser le pays et arriver en sûreté à Edmonton. Ce train était

protégé par une quarantaine de volontaire du 9e de Québec, sous les ordres du Lt. Dupuy. Il y avait déjà

huit jours qu'il était retardé à la Traverse du Chevreuil Rouge par la crue de la rivière. Le capitaine

Ostell, mettant à profit sa connaissance de la rivière par le fait d'y avoir travaillé vers la fin du mois

d'avril, lors du passage du bataillon gauche, réussit à faire traverser tout le train après dix-huit heures de

travail. Le douze au soir, le capitaine revenait à son Fort, et le lendemain les officiers du 9e arrêtaient en

passant.

Le quatorze juin, le capt. Ostell partait pour les Buttes de la Paix où il allait voir l'agent des Sauvages, un
nommé Lucas, à propos de malentendus survenus entre les Sauvages et lui. Depuis l'arrivée des troupes

dans ces territoires, il existait une anomalie étrange dans les rapports des officiers de compagnie avec les

Sauvages. Comme le lecteur a pu le voir plus haut dans l'ordre du gén. Strange, le capitaine Ostell avait

été instruit de voir aux rations des Sauvages, mais aucun ordre n'avait été donné à l'agent Lucas. Ainsi

quand le capitaine demandait à l'agent de donner telle ou telle ration, ce dernier lui répondait qu'il n'avait

aucun ordre à recevoir de lui, vu qu'il dépendait du département des Sauvages et n'avait rien à voir dans

les affaires du ministère de la Milice. Heureusement cette entrevue du capitaine avec l'agent mit fin, pour

quelque temps, à un état de choses embarrassant.

Le seize juin, on hisse un magnifique drapeau, présent du Lt.-Col. Amyot du 9e au capt. Ostell.

Dans l'après-midi, on nous apporte des provisions en masse. Tout le bas du fort était rempli de sacs de
fleur, de sel, de boîtes de corn beef, de hard tacks et le reste. Quelques-uns des soldats se découragent,

car il y a de quoi nous faire subsister jusqu'au printemps prochain.

Le vingt juin cessa le système organisé des courriers. Depuis l'arrivée des troupes, on avait établi six
postes de courriers entre Calgarry et Edmonton. Le premier poste était de Calgarry à Scarlet, une distance

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