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Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif
des frères, ils attendaient avec anxiété les résultats des batailles qui se livraient dans l'est. Enfin la prise de Batoche délivra les garnisons de leur fausse position. Plusieurs tribus qui avaient quitté leurs réserves à l'arrivée des troupes, revinrent s'y établir à la fin de mai et tout rentra dans L'ordre.
Voici la liste des hommes qui passèrent le temps de la campagne au Fort Ostell: J. B. Ostell, capitaine commandant; A. C. Plinguet, lieutenant; H. Beaudoin, sergent de couleur; Anatole E. Robichaud, second sergent; G. Aumond, caporal. Les soldats T. Bélanger, J. Bourgeois, A. Cadieux, K. Caples, A. Chartrand, L. Chalifoux, G. R. Daoust [l], O. Drolet, Louis Goulet, Emile Baudin, Jacques Labelle, Arthur Lanthier, E. Latulippe (2), Ludger Longpré, A. Marsan, A. Michaud, A. Narbonne, A. Ouimet, J. Parent, A. Pépin, H. Picard et Louis Weichold.
[Note 1: Nommé caporal le 23 juin; élevé au grade de sergent le 6 juillet.]
[Note 2: Nommé caporal le 6 juillet.]
Les incidents qui marquèrent le passage de la compagnie No. 1 au Fort Ostell sont peu nombreux, l'auteur se borne dans ce récit à n'en raconter que les principaux.
Le 12 mai, vers les six heures du soir, un courrier apporta une dépêche au capitaine de la part du Lieut.-Col. Ouimet, lui ordonnant de se rendre le soir même chez le Père Scullen pour avoir une entrevue particulière. Le capitaine fait immédiatement seller son cheval et laisse le Lieut. Plinguet en charge du Fort. Il ne revint que le lendemain matin avec d'assez bonnes nouvelles. Les Pieds-Noirs dont on redoutait un soulèvement étaient rentrés dans l'ordre.
Quelques jours plus tard, le 16 mai, le Dr. Powell, un jeune gradué de l'université McGill, arrivait au Fort. Il était officiellement attaché en qualité de chirurgien aux trois garnisons du 65ème situées au sud d'Edmonton, devant tenir ses quartiers généraux au Fort Ostell. Le nouveau médecin était à peine entré en fonction que tous l'estimaient et l'aimaient comme un des leurs. En effet, depuis cette date jusqu'à la fin de la campagne, le docteur Powell remplit sa tâche avec une fidélité et un dévouement exemplaires. Il lui fallait faire à cheval une moyenne de cent cinquante milles par semaine pour visiter les différents postes où son devoir l'appelait. Il voyageait toujours seul, et ne craignait pas de traverser les réserves des Sauvages qui se trouvaient sur sa route et où un jour ou l'autre il pouvait être attaqué et massacré. Les officiers de chacune des trois garnisons n'ont pas manqué de le mentionner spécialement dans leurs rapports au commandant en chef à Edmonton. Le 19 mai, le courrier, qui faisait le service entre le Fort Ethier et le Fort Ostell, arriva malade au camp. Il était tombé à bas de son cheval. Le capitaine fit alors appeler le sergent G. R. Daoust (qui n'était que soldat à cette date) et lui confia la mission de remplacer le courrier malade. Deux jours plus tard, il revenait au Fort après avoir rempli sa mission à la satisfaction de ses chefs.
Le 23 mai, vers onze heures du soir, le corps de garde sort à la hâte pour répondre à l'appel du soldat Bélanger qui monte l'arrière garde. La nuit est très-sombre et c'est à peine si l'on peut distinguer à six pieds devant soi. Bélanger jure ses grands dieux qu'il a vu un cavalier arriver assez près du parapet et, qu'à sa vois, il a changé de direction et est parti au galop; il ne doute pas que ce ne soit un espion. On fait alors une patrouille à travers le bois et les marais aux alentours du Fort. Tous reviennent mouillés et de mauvaise humeur.
L'un est tombé de tout son long dans un marais que l'obscurité lui cachait, un autre s'est frappé la tête sur une branche d'arbre, un troisième s'est massacré la figure sur une talle d'herbes sèches, et personne n'a pris ni vu un Sauvage; ce n'est donc pas étonnant qu'on soit de mauvaise humeur. Le reste de la nuit se
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