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Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif

s'emparer de nos transports de provisions. Vous occuperez le vieux chantier de la Baie d'Hudson près de
chez le R. P. Scullen.

Vous le mettrez dans un état de défense aussi complet que possible, construisant une défense de flanc de
manière à empêcher l'ennemi de s'approcher assez pour incendier la maison.

Vous embrasserez probablement la maison du R. P. Scullen dans votre ligne de défense. Vous marquerez
la portée de vos carabines du Fort à tous les objets dans les alentours, et habituerez vos hommes à

mesurer au pas ces différentes distances de manière à ce qu'ils se les rappellent, ce qui rendra votre feu

plus effectif en cas d'attaque. Après que vous aurez complété la défense de votre fort, vous emploierez

vos hommes à réparer, à temps perdu, les chemins dans le voisinage de votre poste, mais, en aucun

temps, vous ne laisserez votre fort sans protection; au contraire, vous exercerez la plus grande

surveillance, jour et nuit.

Il est probable qu'une troupe de carabiniers à cheval aura aussi ses quartiers-généraux à votre poste Ils
feront une patrouille régulière entre la Rivière du Chevreuil Rouge et Edmonton.

Toutes les provisions tant pour les rations des Sauvages que pour les vôtres vous seront confiées. Le Père
Scullen, j'en suis sur, vous aidera de son mieux par ses connaissances et son influence.

Par ordre,

C. H. DALE, Capitaine,
Major de Brigade.

Malgré l'apparente précision de ces instructions, elles ne peurent être exécutées à la lettre, car
contrairement aux informations, il n'y avait aucune maison habitable sur la réserve du Père Scullen. Le

capitaine Ostell continua plus loin, et à dix milles au sud, trouva un chantier qu'après une semaine de

travail on put mettre en état de défense. Le Lt.-Col. Ouimet approuva plus tard l'action du capitaine

Ostell. Malgré toute la bonne volonté possible les travaux de fortification n'avançaient pas vite, car, vu le

petit nombre de soldats qui composaient le détachement, chacun avait beaucoup à faire. Il y avait,

comme on le sait, vingt-cinq hommes. Pendant le jour, quatre d'entre eux, un sous-officier et trois

soldats, montaient la garde; et la nuit, cette garde était doublée. A part ces derniers, il faut aussi déduire

un boulanger, un cuisinier, le servant des officiers et deux soldats qui travaillaient aux corvées d'eau et de

bois de chauffage. Il restait donc à peine dix hommes pour travailler aux tranchées et autres fortifications.

Cependant au bout de quelques semaines, l'ouvrage était presque terminé.

Une tranchée de deux pieds et demi de profondeur, faite en forme de carreau, a été creusée tout autour du
terrain sur une longueur de deux cents verges; elle communique au moyen de quatre canaux avec un

fossé de cinq pieds de profondeur qui entoure la maison. Un abattis de branches la protège contre toute

attaque immédiate. Des ponts mobiles ont été posés sur les canaux pour donner plus de facilités de

transport aux voitures de charge qui stationnaient au fort. De fortes barricades ont été construites pour

protéger les portes et les fenêtres. Un mur en tourbe de six pieds de haut a été élevé tout autour de la

maison, au-dessus du fossé. Vingt-huit meurtrières percées dans les murs complètent la défense du Fort.

Pendant les premiers jours, c'est-à-dire, jusqu'à la fin du mois de mai, toute la garnison et surtout le
capitaine étaient sur des épines. Les travaux de fortification se poursuivaient de sept heures du matin à

six heures du soir et quelquefois même la nuit. Les Sauvages des alentours étaient dans un malaise

perceptible et, malgré les remontrances des missionnaires qui leur apprenaient à nous considérer comme

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