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Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif
dont il avait été depuis si longtemps séparé et dont il avait tant de fois regretté l'absence.
Le pauvre Marcotte, incapable de sortir, écoutait avec avidité tous les bruits du dehors et quand on lui annonça le "65ème!" un sourire inexprimable se dessina sur ses lèvres bleuâtres et une larme perla à sa paupière.
Le même jour, Lemay monta à bord du bateau et continua avec son bataillon jusqu'à Montréal, où le peuple enthousiasmé lui fit une ovation magnifique. Les bouquets pleuvaient dans son carrosse, et chacun se pressait à venir lui serrer la main et lui souhaiter la bienvenue.
Marcotte se mettait en route le 7 juillet avec d'autres blessés et prenait le train de Swift-Current, d'où un train direct le menait à Montréal. Quelques jours après son arrivée, ses amis lui donnèrent plusieurs banquets et lui présentèrent une jolie médaille en argent.
Les deux noms de Lemay et de Marcotte, resteront gravés sur le cadre d'honneur du 65ème et auront une place glorieuse dans les annales de notre histoire.
FIN DE LA DEUXIÈME PARTIE.
1. Entrée. 2. Guérite. 3. Mât et drapeau. 4. Tente des soldats 5. Tente de garde. 6. Cuisine et dortoir. 7. Appartement des officiers. 8. Four. 9. Tente du boulanger. 10. Tente du capitaine. ll. Écuries. 12. Tranchée. 13. Canaux. 14. Ponts mobiles. 15. Fossé. 16. Abattis. 17. Revêtement.
TROISIÈME PARTIE. LE BATAILLON GAUCHE
En Garnison.
CHAPITRE I. FORT OSTELL.
Après avoir donné le récit complet des aventures de l'aile droite du 65e bataillon dans sa marche à travers la plaine, l'histoire de la campagne de l'aile gauche s'impose à l'auteur comme un devoir impérieux. Le but de cet ouvrage serait manqué et le lecteur serait privé de la partie sinon la plus intéressante du moins bien importante de l'histoire de la campagne du 65e. Pendant que sous le Lt.-Col. Hughes le bataillon droit ajoutait à force de fatigues, de misères et de courage une page glorieuse à son histoire, le bataillon gauche, divisé en cinq détachements et dispersé sur une étendue de cent-cinquante milles, menait à bonne fin sa mission de pacification. Partout où le 65e a passé, il a laissé des traces glorieuses de son séjour et c'est surtout dans l'extrême ouest que l'aile gauche, après une vie sédentaire de six semaines, a su mériter son titre de soldat missionnaire. Prêchant d'exemple, il a pu par sa bonne tenue, sa conduite régulière, ses moeurs douées et tranquilles, en imposer à l'esprit impressionnable des nombreuses tribus sauvages au milieu desquelles il a vécu. Partout, Sauvages comme Métis avaient surnommé les volontaires de Montréal les "bons petits habits noirs" et obéissaient à leurs officiers avec plus de respect que de crainte.
Comme il a été mentionné plus haut, il y avait cinq détachements dont voici les noms par ordre de distances de Calgarry: vingt hommes de la compagnie No. 8, sous le commandement du lieut. Normandeau, à la Traverse du Chevreuil Rouge, à cent milles au nord de Calgarry; la compagnie No. 1 (vingt-cinq hommes et deux officiers) sous les ordres du capt. Ostell, à la Rivière Bataille, trente-huit milles au nord du premier détachement; vingt hommes choisis des compagnies 1, 3, 4 et 8, sous le capt. Ethier, aux Buttes de la Paix, trente-cinq milles plus haut; la compagnie No. 2, avec le capt. des Trois-Maisons comme chef, à Edmonton, quarante milles au nord des Buttes de la Paix, soit deux cent-treize milles de Calgarry, et finalement la compagnie No. 7, sous le lieut. Doherty au Fort
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