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Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif

prend la route du retour à six heures et demie du matin. Il fait une chaleur accablante. La première halte
se fait à dix heures et demie de l'avant-midi après dix milles de marche. Dans l'après-midi on parcourt

quinze autres milles. Aussitôt après souper on reprend la marche et l'on ne campe qu'à onze heures et

demie du soir. On a fait dans cette journée trente-cinq milles.

25 de juin. - Le départ a lieu à neuf heures. L'on marche toute la journée. A sept heures du soir on arrive
au rivage où le "North West" attend les troupes; on avait parcouru vingt-cinq milles. Les soldats sont

épuisés de fatigue. Les officiers vont coucher à bord, et les soldats restent sous la tente.

26 de juin. - Les soldats montent à bord du bateau vers les huit heures de l'avant-midi. Quelque temps
après le général arrive en personne accompagné de son état-major. Il est salué par des hourrahs

significatifs. Le reste de la journée est consacré à la flânerie.

27 de juin. - Il est dix heures de l'avant-midi quand le bateau arrive à Fort Pitt. On monte les tentes sur la
rive. Réjouissances générales.

28 de juin. - Il fait très-beau. Basse messe eu plein air. On donne un permis général de sortir du camp, et
tous vont visiter leurs frères d'armes des autres bataillons.

29 de juin. - Le départ des troupes commence aujourd'hui. Il fait une chaleur accablante.

30 de juin. - Le temps chaud continue.

1er de juillet. - Toute la brigade d'Alberta parade, à sept heures du matin, devant le général Middleton.
Ce dernier, après avoir fait l'inspection des différents bataillons, complimente de nouveau les troupes.

2 de juillet. - Il fait beau. Le colonel Ouimet arrive avec le reste du 65e bataillon. Joie indescriptible On
reçoit l'ordre de s'embarquer demain à bord de la "Baronness."

CHAPITRE V. LEMAY ET MARCOTTE.

Arrivé à ce point du récit, l'auteur a cru intéresser spécialement les lecteurs en pariant de la vie que
menèrent les deux vaillants blessés du 65e pendant le reste de la campagne.

Le récit de leurs souffrances et de leurs misères commence naturellement du jour où ils sont tombés sur
le champ de bataille.

Comme on a pu le voir plus haut, Lemay tomba le premier. Lorsque la balle meurtrière le frappa, il était
quelque peu en avant de ses compagnons d'armes. Ceux-ci s'arrêtèrent subitement en le voyant tomber et

semblèrent hésiter un moment. Le caporal Grave! fut le premier auprès de lui, et le soldat Marc Prieur,

qui était attaché au corps d'ambulance, arriva quelques instants plus tard. En les voyant auprès de leur

frère blessé, les soldats continuèrent leur marche. Le chirurgien-major Paré et le révérend aumônier

furent bientôt sur les lieux. Pendant que le chirurgien examinait la plaie et pâlissait à la vue de la gravité

de la blessure, le digne chapelain administrait les derniers sacrements au Blessé.

Ce ne fut qu'une demi-heure plus tard que l'on apporta une civière pour transporter le pauvre Lemay en
dehors du terrain des hostilités. On l'y avait à peine transporté qu'un soldat accourut à la hâte demander

un second brancard pour apporter Marcotte qui venait de succomber. Quelques instants plus tard, le

soldat Prieur, aidé du gén. Strange lui-même, apportait Marcotte et le plaçait à côté de Lemay. Le

chirurgien ordonna aussitôt qu'on mit les deux blessés dans un caisson, n'ayant pas d'autre moyen de

transport.

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