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Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif

temps se continua beau; mais les chemins furent mauvais pendant au moins six milles. Vers les neuf
heures, nous passâmes la réserve des Stonies, où réside le Rev. Père Scullen. Un petit "Union Jack"

flottait au-dessus de la tente du chef Peau d'Hermine. Il était près de midi quand nous nous arrêtâmes

pour la dîner. Peau d'Hermine vint visiter la major, accompagné de sa femme, de son fils Cayote, et de

quelques autres Sauvages. Le chef avait revêtu «m uniforme des grandes fêtes, et il nous était impossible

de compter le nombre de couleurs qui bariolaient sa tunique. Quand à celui qui semblait lui servir

d'intendant, son costume était des plus simples: une vieille tunique noire à boutons dorés, et des culottes

brunes. Ils passèrent environ une heure à converser avec le major, (car Peau d'Hermine s'exprime assez

bien en anglais), à fumer la pipe et à partager le menu du camp. Ces Sauvages nous ont paru

passablement civilisés. Ils sont chrétiens et s'adonnent aux travaux des champs. Cependant ils habitent

encore leurs wigwams et construisent de» hangars pour mettre à l'abri leurs grains et leurs animaux.

A deux heures nous étions de nouveau sur la route, et vers les six heures nous étions campés à quatre
milles au nord de la Ferme du Gouvernement, aux Montagnes de la Paix, trente-six milles d'Edmonton.

Aussitôt après le lever, le lendemain, on nous apprit qu'un nouveau détachement de vingt hommes devait
être laissé à la Ferme. Le commandement de ce détachement fut donné au lieutenant Villeneuve. Cette

séparation fut encore plus cruelle que la premiere, et chacun se demandait ce qu'allait devenir notre

pauvre bataillon, si l'on continuait à nous éparpiller ainsi le long de la route. Aussitôt les adieux faits, l'on

se remit en marche. L'on fit une courte halte vert le midi, puis les chemins devinrent affreux. Tantôt dans

des marécages presqu'impraticables et tantôt à travers des forêts où un étroit passade permettait à peine à

nos charrettes de traverser. Vers les cinq heures, on campa. Un courrier nous apporta l'étrange nouvelle

que Riel avait, capturé quatre-vingt voitures de munitions et de provisions égarées par de faux guides.

Celle nouvelle fut le sujet de conversation le plus général pendant la veillée.

De bonne heure, mardi matin, nous étions remontés dans nos charrettes. La route se continua à travers les
bois. Nous passâmes sur la réserve de Papesteos. Vers huit heures, chacun commença à nettoyer ses

armes et son uniforme, car l'on approchait d'Edmonton. A. Ashton Lake, le lieut.-col. Hughes vint à notre

rencontre et fut salué par des cris de joie. A quelques milles plus loin, les autres officiera du bataillon

droit nous attendaient pour nous souhaiter la bienvenue. Enfin, vers 11 heures, Edmonton nous apparut

dans la distance. On descendit des voitures et l'on se mit en rangs pour descendre la côte de la rive sud de

la Saskatchewan. Chacun était heureux à l'idée qu'il allait revoir les amis dont il avait été séparé depuis

quinze jours. A midi, nous étions rendus et assis autour d'un feu de camp; on se racontait les incidents du

voyage, La compagnie No 7 était déjà rendue, depuis le 3, au Fort Saskatchewan, à vingt milles à l'est

d'Edmonton, sous le commandement du capitaine Doherty. Lea compagnies 5 et 6, sous le

commandement du capitaine Prévost, élevé au rang de major, se mirent en route le jour de notre arrivée,

pour se rendre à Victoria, soixante milles d'Edmonton. Ce premier détachement se composait comme

suit:

Major Prévost.
Adjudant: Sous-lieut. Mackay.

Compagnie No. 5: Capt. Villeneuve.

Lieut. Lafontaine.

No. 6: Capt. Giroux.

Lieut. Robert.

Chirurgien-Major Paré.

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