bibliotheq.net - littérature française
 

Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif

déroulait immense devant leurs pas. Après la traversée de la rivière du Chevreuil Rouge, la scène
changea quelque peu, et souvent les plus ennuyés se reposaient la vue par la contemplation de jolis

tableaux. Ici, une belle prairie arrosée par un joli petit lac, au pied de quelque coteau verdoyant, là un

bosquet aux décors gracieux, élevé au milieu de la plaine par quelque fée antique et entretenu par les

nymphes des prairies pour recevoir leurs fiancés ailés. Un peu partout, dans un désordre charmant, de

jolis petits bois parsèment la vaste plaine. Les rivières le long de la route sont peu profondes, et sont

toutes guéables à l'exception de la Saskatchewan. L'eau de ces rivières alimentée par les lacs des

montagnes du Nord est froide, souvent troublée et d'une apparence bourbeuse; cependant elle est

généralement potable.

La nourriture pendant tout le voyage se composa de, biscuits durs (hard tacks), de viandes en boîte ou de
bacon et de thé; avec ces mets les grands festins étaient rares. Cependant le gibier abondait de toutes

parts, mais la défense de tirer était des plus sévères. Les canards étaient innombrables, les poules des

prairies s'abattaient à quelques pas des soldats et les lièvres leur passaient entre les jambes, mais la règle

du, général était inflexible; aussi le gibier fut-il laissé en paix.

Le premier détachement a beaucoup souffert du manque de sel. Il y en avait deux sacs mais le
quartier-maître ne les trouva que le dernier jour.

Le service était assez pénible. Tous les soirs, gardes doubles et trois patrouilles pendant la nuit. Ces
dernières ne sont pas ce qu'il y a de plus amusant, vu la vigilance qu'elles demandent et la responsabilité

qu'elles imposent.

Cependant, la santé a toujours été bonne pendant le voyage, malgré la fatigue, les changements de
température et les nuits passées près de marais pestilentiels. Quelques fois, après une longue journée de

fatigues, on se couchait sur la terre humide pour se réveiller étendu dans l'eau. La salubrité du climat ne

saurait donc être trop vantée. Quelques jours le soleil chauffait avec tant de force que plusieurs soldats

eurent la figure brûlée, d'autres changèrent de peau une couple de fois. Il faut dire que les coiffures dont

le gouvernement avait pourvu ses défenseurs en partant de Montréal n'étaient d'aucune utilité dans la

plaine; c'était le grand chapeau de feutre à larges bords qu'il aurait fallu. Tel pays, tel chapeau.

Le premier détachement, arriva à Edmonton, le 1er mai. Il fut saluée par une salve d'artillerie et par les
acclamations de la population qui s'était rendue sur la rive pour le recevoir. On y attendit le second

détachement dont nous allons maintenant nous occuper.

CHAPITRE IV. LE BATAILLON GAUCHE.

A travers la Plaine.

Le bataillon gauche du 65e se Composait comme suit:

Major Dugas; adjudant Robert.
Quartier-Maître: Capt. LaRocque.

Chirurgien: Dr. Simard.

Instructeur: Labranche.

Compagnie No. 1: Capt. Ostell.

Lt. Plinguet.

No. 3: Capt. Bauset.

Lt. Villeneuve.

< page précédente | 16 | page suivante >

 
La plupart des textes et des images de ce site font partie du domaine public. Les droits d'auteur pour la présentation des matériaux
et le design du site appartiennent à bibliotheq.net. Toute suggestion et correction est la bienvenue.