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Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif

A sept heures, le coucher fut sonné et à huit heures, tout le monde reposait.

Dès quatre heures, le lendemain matin, les trois compagnies qui avaient passé la nuit au village, se
levèrent et les chars n'arrivant pas, elles se mirent en marche et traversèrent le lac à pied jusqu'au

Syndicat.

Après une heure de marche, ces soldats n'eurent pour tout déjeuner qu'une tranche de lard entre deux
morceaux de pain.

A huit heures a.m. les premiers traîneaux, chargés de soldats, se mirent en marche et les autres ne
tardèrent pas à les suivre. Ce nouveau trajet le long du lac Supérieur, malgré qu'il se fît en voiture, ne fut

guère plus plaisant que le premier. Le froid était très-grand et les soldats entassés dans les voitures furent

souvent obligés de descendre pour ne pas geler des pieds. Enfin, vers deux heures de l'après-midi, le

premier traîneau entra dans une baie profonde dont on ne put connaître le nom. Après une halte d'une

heure et demie en cet endroit, le bataillon remonta en chars plates-formes et continua jusqu'à McKay

Harbour où il y avait un hôpital. Ici, on laissa notre invalide Boucher, en même temps que l'on prenait à

bord le sergent Nelson devenu si fameux depuis l'affaire du "Toronto News." Il fut installé dans notre

char, le premier du train, et ne connaissant l'individu que par ce qu'il voulait bien nous dire de lui-même,

chacun l'entoura de soins et le traita avec une hospitalité toute canadienne. Après que les soldats eussent

mangé quelques galettes et de la viande, le train se mit en mouvement et continua jusqu'à la fin de la

ligne du chemin de fer à Michipicoten. Arrivés ici a sept heures et demie, les soldats durent traverser de

nouveau à pied une longueur de onze milles sur la Baie du Tonnerre et arrivèrent à Red Rock à onze

heures du soir.

Ici des chars à passagers attendaient le régiment, et vers minuit le train partait.

Cette journée fut une des plus rudes pour les soldats. De quatre heures du matin à onze heures du soir, on
n'avait pas cessé de marcher un seul moment. Quatorze milles à pied, vingt-deux en traîneaux et plus de

cent milles en mauvais chars découverts, en tout près de cent cinquante milles parcourus dans la journée.

Vers six heures, jeudi matin, l'on entra dans Port Arthur. Les soldats furent bientôt éveillés par les cris de
la foule qui les attendait à la gare. Pendant que les compagnies s'éloignaient, chacune de son côté, pour

déjeuner dans les différents hôtels de la ville, les officiers se rendirent à l'hôtel Brunswick. sur l'invitation

du maire de la localité. Après déjeuner, profitant d'un congé de quelques heures, les soldats visitèrent les

environs de la ville et s'amusèrent beaucoup, étant royalement reçus partout où ils allaient. Enfin, l'heure

du départ sonna. Les différentes compagnies remontèrent chacune dans son char et le train quitta la gare

au milieu des acclamations de la foule. De dix heures jusqu'à minuit, la route se continua en chars.

Chacun se mit ù tuer le temps du mieux qu'il pût et n'y réussissait qu'à demi.

De minuit à six heures du matin, la route se continua sans incident remarquable. A six heures le réveil
sonna, et chacun se mit à nettoyer ses armes et à brosser ses habits pour obéir aux instructions reçues.

Enfin, quelques minutes avant sept heures, les premières maisons de Winnipeg parurent dans le lointain
et furent saluées par des cris de joie. Bientôt le train entra dans la gare. La ville avait revêtu sa toilette de

fête; les pavillons flottaient partout, et les jeunes filles avaient mis leurs robes des dimanches pour

recevoir le bataillon. Parmi la foule qui se pressait dans la gare, on remarqua le juge Dubuc, le Col.

Lamontagne, les Messieurs Royal, fils de l'hon. Royal, M. P., et M. Pilet. Le déjeuner fut aussitôt servi

dans la gare même et fut aussi vite dévoré que servi, car tous avaient hâte de visiter la reine de l'Ouest.

On nous en avait tant raconté sur les merveilles qui ont entouré la naissance de cette fille des Plaines et

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