Charles R. Daoust

Dans le but de procéder systématiquement au récit des événements qui se rattachent au séjour de l'aile gauche du 65e bataillon dans les forts qu'il a eu pour mission de défendre, Edmonton suit immédiatement Ostell. Après la compagnie No. 1, passons à No. 2. L'auteur a hésité quelque temps à placer le récit de la défense d'Edmonton à la seconde place, car son importance lui donne droit à la première. A Edmonton en effet étaient les quartiers généraux du commandant en chef de toute la ligne de défense de Calgarry à Fort Pitt.

En présentant ce livre au public, l'auteur remplit un devoir. Pendant quatre longs mois tout un peuple a eu les yeux fixés sur les vastes territoires du Nord-Ouest, pendant quatre longs mois des centaines de familles canadiennes ont vécu dans l'anxiété la plus cruelle; pendant ce temps-là, des centaines de jeunes Canadiens bravaient toutes les misères, toutes les fatigues, la mort même, pour rétablir la paix et supprimer la révolte.

Vendredi, le 1er mai, le bataillon droit était rendu à Edmonton. La veille, le major-général Strange avait informé le Lt.-Col. Hughes qu'il serait nécessaire d'envoyer un détachement du 65e à Fort Saskatchewan, un poste de la Police à cheval, à une vingtaine âe milles à l'est d'Edmonton, sur la branche nord de la Saskatchewan. En conformité avec les instructions reçues, le Lt.-Col. Hughes dut prendre une compagnie de l'aile droite. Son choix tomba sur la compagnie Mo. 7 commandée dans ce moment par le Lt. C. J.

Est-il réellement nécessaire de faire une préface à cet ouvrage? Telle est la question que je me suis posée et qu'après mûre réflexion j'ai résolue dans l'affirmative. Il faut une préface, quand ça ne serait que pour expliquer au lecteur le plan sur lequel le livre a été écrit et en donner la raison.

Le lecteur se rappelle que, lors de la marche du bataillon gauche de Calgarry à Edmonton, vingt hommes avaient été laissés aux Buttes de la Paix, sous les ordres du Lieut. Villeneuve, en conformité avec les ordres du général Strange. Cette garnison, qui devait plus tard s'illustrer par la construction d'un fort superbe, qu'elle a laissé comme souvenir de son passage sur la rive sud de la Petite Rivière au Calumet, mieux connue sous le nom de rivière de la Paix, se composait comme suit: Lieut. Villeneuve; de la 8e compagnie, Sergent L.

Si le lecteur se le rappelle bien, lorsque le bataillon gauche, en route pour Edmonton, passa à la Rivière du Chevreuil Rouge, il laissa en ce dernier endroit vingt hommes de la compagnie No 8 sous le commandement du Lieutenant J. E. Bédard Normandeau. C'était le premier détachement que l'on séparait du corps du bataillon, et la douleur de cette séparation était d'autant plus cruelle qu'elle faisait présager aux autres compagnies leur sort futur.

La neige tombait en gros flocons... le ciel semblait vouloir couvrir d'un épais linceul bien des douleurs et bien des larmes!

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