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Blaise Pascal - Pensées
d'Énoch contre l'Antechrist. Toujours le vrai prévaut en miracles.
Enfin jamais en la contention du vrai Dieu, ou de la vérité de la Religion, il n'est arrivé de miracle du côté de l'erreur, qu'il n'en soit aussi arrivé de plus grand du côté de la vérité.
Par cette règle, il est clair que les Juifs étaient obligez de croire JÉSUS- CHRIST. JÉSUS-CHRIST leur étaient suspects. Mais ses miracles étaient infiniment plus clairs que les soupçons que l'on avait contre lui. Il le fallait donc croire.
[§] Du temps de JÉSUS-CHRIST les uns croyaient en lui ; les autres n'y croyaient pas, à cause des prophéties qui disaient, que le Messie devait naître en Béthléem, au lieu qu'on croyait que JÉSUS-CHRIST, était né dans Nazareth. Mais ils devaient mieux prendre garde, s'il n'était pas né en Béthléem. Car ses miracles estant convainquants, ces prétendues contradictions de sa doctrine à l'Écriture, et cette obscurité ne les excusait pas, mais les aveuglait.
[§] JÉSUS-CHRIST guérit l'aveugle né, et fit quantité de miracles au jour du sabbat. Par où il aveuglait les Pharisiens, qui disaient, qu'il fallait juger des miracles par la doctrine.
Mais par la même règle qu'on devait croire JÉSUS-CHRIST, on ne devra point croire l'Antechrist.
JÉSUS-CHRIST ne parlait ni contre Dieu, ni contre Moise. L'Antechrist et les faux Prophètes prédits par l'un et l'autre Testament parleront ouvertement contre Dieu et contre JÉSUS-CHRIST. Qui serait ennemi couvert, Dieu ne permettrait pas qu'il fît des miracles ouvertement.
[§] Moïse a prédit JÉSUS-CHRIST, et ordonné de le suivre. JÉSUS-CHRIST a prédit l'Antechrist, et défendu de le suivre.
[§] Les miracles de JÉSUS-CHRIST ne sont pas prédits par l'Antechrist. Mais les miracles de l'Antechrist sont prédits par JÉSUS-CHRIST. Et ainsi, si JÉSUS- CHRIST n'était pas le Messie il aurait bien induit en erreur, mais on n'y saurait être induit avec raison par les miracles de l'Antechrist. Et c'est pourquoi les miracles de l'Antechrist ne nuisent point à ceux de Jésus- Christ. Aussi quand JÉSUS-CHRIST a prédit les miracles de l'Antechrist, a-t-il crû détruire la foi de ses propres miracles.
[§] Il n'y a nulle raison de croire à l'Antechrist, qui ne soit à croire en JÉSUS-CHRIST. Mais il y en a à croire en Jésus-Christ qui ne sont pas à croire à l'Antechrist.
[§] Les miracles ont servi à la fondation, et serviront à la continuation de l'Église jusqu'à l'Antechrist, jusqu'à la fin.
C'est pourquoi Dieu afin de conserver cette preuve à son Église, ou il a confondu les faux miracles, ou il les a prédits. Et par l'un et l'autre il s'est élevé au dessus de ce qui est surnaturel à notre égard, et nous y a élevez nous mêmes.
Il en arrivera de même à l'avenir : ou Dieu ne permettra pas de faux miracles, ou il en procurera de plus grands.
Car les miracles ont une telle force, qu'il a fallu que Dieu ait averti, qu'on n'y pensât point, quand ils seraient contre lui, tout clair qu'il soit qu'il y a un Dieu, sans quoi ils eussent esté capables de troubler.
Et ainsi tant s'en faut que ces passages du 13. chap. du Deutéronome, qui portent, qu'il ne faut point croire ni écouter ceux qui feront des miracles, et qui détournent du service de Dieu ; et celui de S. Marc ;
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