|
Blaise Pascal - Pensées
méchants par ces paroles, Peccatori autem dixit Deus, il dit qu'il ne veut point des sacrifices des bêtes, ni de leur sang.
Que les sacrifices des Païens seront reçus de Dieu ; et que Dieu retirera sa volonté des sacrifices des Juifs. (Malac. 1. 11. ; I Rois. 15. 22. ; Ozée 6. 6.)
Que Dieu fera une nouvelle alliance par le Messie ; et que l'ancienne sera rejetée. (Ierem. 31. 31.)
Que les anciennes choses seront oubliées. (Is. 43. 18. 19.)
Qu'on en se souviendra plus de l'Arche. (Ierem. 3. 16.)
Que le temple serait rejeté. (Ierem. 7. 12. 13. 14.)
Que les sacrifices seraient rejetés, et d'autres sacrifices purs établis. (Malach. 1. 10. 11.)
Que l'ordre de la sacrificature d'Aaron sera réprouvé, et celle de Melchisedech introduite par le Messie. (Ps. 109.)
Que cette sacrificature serait éternelle. (ibid.)
Que Jérusalem serait réprouvée, et un nouveau nom donné. (Is. 65.)
Que ce dernier nom serait meilleurs que celui des Juifs, et éternel. (Is. 56. 5.)
Que les Juifs devaient être sans Prophètes, sans Rois, sans Princes, sans sacrifices, sans autel. (Ozée 3. 4.)
Que les Juifs subsisteraient toujours néanmoins en peuple. (Ierem. 31. 36.)
XX. On ne connaît Dieu utilement que par Jésus-Christ.
LA plupart de ceux qui entreprennent de prouver la Divinité aux impies, commencent d'ordinaire par les ouvrages de la nature, et ils y réussissent rarement. Je n'attaque pas la solidité de ces preuves consacrées par l'Écriture sainte : elles sont conformes à la raison ; mais souvent elles ne sont pas assez conformes, et assez proportionnées à la disposition de l'esprit de ceux pour qui elles sont destinées.
Car il faut remarquer qu'on n'adresse pas ce discours à ceux qui ont la foi vive dans le coeur, et qui voient incontinent, que tout ce qui est, n'est autre chose que l'ouvrage du Dieu qu'ils adorent. C'est à eux que toute la nature parle pour son auteur, et que les Cieux annoncent la gloire de Dieu. Mais pour ceux en qui cette lumière est éteinte, et dans lesquels on a dessein de la faire revivre ; ces personnes destituées de foi, et de charité, qui ne trouvent que ténèbres et obscurité dans toute la nature ; il semble que ce ne soit pas le moyen de les ramener, que de ne leur donner pour preuves de ce grand et important sujet que le cours de la Lune ou des planètes, ou des raisonnements communs, et contre lesquels ils se sont continuellement roidis. L'endurcissement de leur esprit les a rendus sourds à cette voix de la nature, qui a retenti continuellement à leurs oreilles ; et l'expérience fait voir, que bien loin qu'on les emporte par ce moyen, rien n'est plus capable au contraire de les rebuter, et de leur ôter l'espérance de trouver la vérité, que de prétendre les en convaincre seulement par ces sortes de raisonnements, et de leur dire, qu'ils y doivent voir la vérité à découvert.
|