Les diaboliques (1850 - 1874)
Jules Amédée Barbey d'Aurevilly
Première préface aux Diaboliques
Préface de la première édition
Le rideau cramoisi
Le plus bel amour de Don Juan
II
III
IV
V
Le bonheur dans le crime
Le dessous de cartes d'une partie de whist
II
III
À un dîner d'athées
La vengeance d'une femme
Première préface aux Diaboliques
À qui dédier cela?...
J. B. d'A.
Voici (sauf modifications ultérieures) la Préface de mes
Diaboliques.
Pourquoi les Diaboliques?
Est-ce pour les histoires qui sont ici?
Ou pour les femmes de ces histoires?
Qui sait?
Les Histoires sont vraies. Rien d'inventé. Tout vu. Tout touché du coude
ou du doigt. Il y aura
certainement des têtes vives, montées par ce titre de Diaboliques, qui
ne les trouveront pas aussi
diaboliques qu'elles ont l'air de s'en vanter. Elles s'attendaient à des
inventions, à des complications, à des
recherches, à des raffinements, à tout le tremblement du mélodrame moderne,
qui se fourre partout,
même dans le roman: quelque chose comme les Mémoires du Diable qui n'ont
donné à leur auteur qu'une
peine du Diable. Mais les Diaboliques ne sont point des diableries, ce
sont des diaboliques: des histoires
réelles de ce temps civilisé et si divin que, quand on s'avise de les
écrire, il semble que ce soit le Diable
qui ait dicté... Le Diable est comme Dieu. Le manichéisme qui est la souche
de toutes les grandes
hérésies du Moyen-âge, le manichéisme n'est pas si bête! Malebranche disait
que Dieu se reconnaissait à
l'emploi DES MOYENS LES PLUS. Le Diable aussi.
Quant aux femmes de ces histoires, pourquoi ne seraient-elles pas les
diaboliques? N'ont-elles pas assez
de diabolisme en leur personne pour mériter ce doux nom-là?... Diabolique,
il n'y en a pas une seule ici
qui ne le soit à quelque degré. Il n'y en a pas une seule à qui on puisse
dire le mot de «mon ange» sans
exagérer. Comme le Diable qui était un ange aussi, mais qui a culbuté,
si elles sont des anges encore,
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