ABNER
Madame, pardonnz si j'ose le défendre.
Le zèle de JOAD n'a point dû vous surprendre.
Du Dieu que nous servons tel est l'ordre éternel.
Lui-même, il nous traça son temple et son autel,
Aux seuls enfants d'Aaron commit ses sacrifices,
Aux lévites marqua leur place et leurs offices,
Et surtout défendit à leur postérité
Avec tout autre Dieu toute société.
Hé quoi ! vous de nos rois et la femme et la mère,
Etes-vous à ce point parmi nous étrangère ?
Ignorez-vous nos lois ? et faut-il qu'aujourd'hui...
Voici votre Mathan : je vous laisse avec lui.
ATHALIE
Votre présence, Abner, est ici nécessaire.
Laissons-là de Joad l'audace téméraire,
Et tout ce vain amas de superstitions
Qui ferment votre temple aux autres nations.
Un sujet plus pressant excite mes alarmes.
Je sais que, dès l'enfance élevé dans les armes,
Abner a le coeur noble, et qu'il rend à la fois
Ce qu'il doit à son Dieu, ce qu'il doit à ses rois.
Demeurez.