grandeur tragique à l'humble figure de mon pauvre marchand des quatre-saisons. A.F. I. DE LA
MAJESTÉ DES LOIS
La majesté de la justice réside tout entière dans chaque sentence rendue par le juge au nom du peuple
souverain. Jérôme Crainquebille, marchand ambulant, connut combien la loi est auguste, quand il fut
traduit en police correctionnelle pour outrage à un agent de la force publique. Ayant pris place, dans la
salle magnifique et sombre, sur le banc des accusés, il vit les juges, les greffiers, les avocats en robe,
l'huissier portant la chaîne, les gendarmes et, derrière une cloison, les têtes nues des spectateurs
silencieux. Et il se vit lui-même assis sur un siège élevé, comme si de paraître devant des magistrats
l'accusé lui-même en recevait un funeste honneur. Au fond de la salle, entre les deux assesseurs, M. le
président Bourriche siégeait. Les palmes d'officier d'académie étaient attachées sur sa poitrine. Un buste
de la République et un Christ en croix surmontaient le prétoire, en sorte que toutes les lois divines et