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Alphonse Daudet - La Belle-Nivernaise
«Eh bien! veut-on de moi, là-bas?...»
Maugendre ne peut se tenir de rire.
«Si on veut de toi, mon vieux!...
«Ils avaient besoin d'un patron pour un nouveau navire, et ils m'ont remercié du cadeau que je leur faisais.»
Qui ça «ils»?
Le père Louveau est si enchanté qu'il n'en demande pas davantage.
Et tout le monde se met en route pour Clamecy, sans en savoir plus long.
Quelle joie, en arrivant au bord du canal!
Là, à quai, pavoisé du haut en bas, un magnifique bateau, flambant neuf, dresse son mât verni au milieu des verdures.
On lui donne le dernier coup d'astic, et l'étambot, où le nom de l'embarcation est écrit, demeure couvert d'une toile grise.
Un cri sort de toutes les bouches: «Ah! le beau navire!»
Louveau n'en croit pas ses yeux.
Il a une émotion de tous les diables qui lui picote les paupières, lui fend la bouche d'un pied, et secoue ses boucles d'oreilles comme des paniers à salade.
«C'est trop beau!
«Je n'oserai jamais conduire un bateau comme ça. C'est pas fait pour naviguer.
«On devrait mettre ça sous globe.»
Il faut que Maugendre le pousse de force sur la passerelle, d'où l'Équipage leur fait des signes.
Comment!
L'Équipage lui-même est restauré?
Restauré, radoubé, calfaté à neuf.
Il a une gaffe et une jambe de bois toutes fraîches. C'est une gracieuseté de l'entrepreneur, un homme entendu qui a bien fait les choses.
Voyez plutôt:
Le tillac est en bois ciré entouré d'une balustrade. Il y a un banc pour s'asseoir, une tente pour s'abriter.
La cale est de taille à porter cargaison double.
Et la cabine!... oh! la cabine!
«Trois chambres!
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