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Alexandre Dumas père - Vingt ans après
- Eh bien? demanda d'Artagnan.
- Eh bien, dit le petit garçon, on sait la chose.
- Et où est-il allé?
- La demi-pistole est toujours pour moi?
- Sans doute! réponds.
- Je demande à la voir. Prêtez-la-moi, que je voie si elle n'est pas fausse.
- La voilà.
- Dites donc, bourgeois, dit l'enfant, monsieur demande de la monnaie.
Le bourgeois était à son comptoir, il donna la monnaie et prit la demi-pistole.
L'enfant mit la monnaie dans sa poche.
- Et maintenant, où est-il allé? dit d'Artagnan, qui l'avait regardé faire son petit manège en riant.
- Il est allé à Noisy.
- Comment sais-tu cela?
- Ah! pardié! il n'a pas fallu être bien malin. J'avais reconnu le cheval pour être celui du boucher qui le loue de temps en temps à M. Bazin. Or, j'ai pensé que le boucher ne louait pas son cheval comme cela sans demander où on le conduisait, quoique je ne croie pas M. Bazin capable de surmener un cheval.
- Et il t'a répondu que M. Bazin...
- Allait à Noisy. D'ailleurs il paraît que c'est son habitude, il y va deux ou trois fois par semaine.
- Et connais-tu Noisy?
- Je crois bien, j'y ai ma nourrice.
- Y a-t-il un couvent à Noisy?
- Et un fier, un couvent de jésuites.
- Bon, fit d'Artagnan, plus de doute!
- Alors, vous êtes content?
- Oui. Comment t'appelle-t-on?
- Friquet.
D'Artagnan prit ses tablettes et écrivit le nom de l'enfant et l'adresse du cabaret.
- Dites donc, monsieur l'officier, dit l'enfant, est-ce qu'il y a encore d'autres demi-pistoles à gagner?
- Peut-être, dit d'Artagnan.
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