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Alexandre Dumas père - Vingt ans après
- Ah! monsieur, vous me sauvez deux fois la vie, dit Planchet.
Et il s'assit à la table, où il commença à dévorer comme aux beaux jours de la rue des Fossoyeurs.
D'Artagnan continuait de se promener de long en large; il cherchait dans son esprit tout le parti qu'il pouvait tirer de Planchet dans les circonstances où il se trouvait. Pendant ce temps, Planchet travaillait de son mieux à réparer les heures perdues.
Enfin il poussa ce soupir de satisfaction de l'homme affamé, qui indique qu'après avoir pris un premier et solide acompte il va faire une petite halte.
- Voyons, dit d'Artagnan, qui pensa que le moment était venu de commencer l'interrogatoire, procédons par ordre; sais-tu où est Athos?
- Non, monsieur, répondit Planchet.
- Diable! Sais-tu où est Porthos?
- Pas davantage.
- Diable, diable!
- Et Aramis?
- Non plus.
- Diable, diable, diable!
- Mais, dit Planchet de son air narquois, je sais où est Bazin.?
- Comment! tu sais où est Bazin?
- Oui, monsieur.
- Et où est-il?
- À Notre-Dame.
- Et que fait-il à Notre-Dame?
- Il est bedeau.
- Bazin bedeau à Notre-Dame! Tu en es sûr?
- Parfaitement sûr; je l'ai vu, je lui ai parlé.
- Il doit savoir où est son maître.
- Sans aucun doute.
D'Artagnan réfléchit, puis il prit son manteau et son épée et s'apprêta à sortir.
- Monsieur, dit Planchet d'un air lamentable, m'abandonnez-vous ainsi? songez que je n'ai d'espoir qu'en vous!
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