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Alexandre Dumas père - Les Quarante-Cinq
- C'est plus acceptable.
- Et Votre Majesté accepte?
- Il n'y a qu'une difficulté, duc. - Laquelle?
- Le manque d'argent.
- Le manque d'argent?
- Dame! tu dois savoir mieux que personne que ce n'est point une mauvaise raison que je te donne là, toi qui n'as pas encore pu te faire payer ta traite.
- Sire, j'ai trouvé un moyen.
- De me faire avoir de l'argent?
- Pour votre garde, oui, sire.
- Quelque tour de pince-maille, pensa le roi en regardant d'Épernon de côté.
Puis tout haut:
- Voyons ce moyen, dit-il.
- On a enregistré, il y a eu six mois aujourd'hui même, un édit sur les droits de gibier et de poisson.
- C'est possible.
- Le paiement du premier semestre a donné soixante-cinq mille écus que le trésorier de l'épargne a encaissés ce matin, lorsque je l'ai prévenu de n'en rien faire, de sorte qu'au lieu de verser au trésor, il tient à la disposition de Votre Majesté l'argent de la taxe.
- Je le destinais aux guerres.
- Eh bien, justement, sire. La première condition de la guerre, c'est d'avoir des hommes; le premier intérêt du royaume, c'est la défense et la sûreté du roi; en soldant la garde du roi, on remplit toutes ces conditions.
- La raison n'est pas mauvaise; mais, à ton compte, je ne vois que quarante-cinq mille écus employés; il va donc m'en rester vingt mille pour mes régiments.
- Pardon, sire, j'ai disposé, sauf le plaisir de Votre Majesté, de ces vingt mille écus.
- Ah! tu en as disposé?
- Oui, sire, ce sera un acompte sur ma traite.
- J'en étais sûr, dit le roi, tu me donnes une garde pour rentrer dans ton argent.
- Oh! par exemple, sire!
- Mais pourquoi juste ce compte de quarante-cinq? demanda le roi, passant à une autre idée.
- Voilà, sire. Le nombre trois est primordial et divin, de plus, il est commode. Par exemple, quand un
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