j'ai été négociant aussi.
- Ah! et que vendiez-vous?
- Ce que je vendais?
- Oui.
- De la faveur.
- Bon commerce, monsieur.
- Aussi j'y ai fait fortune, et vous me voyez bourgeois.
- Je vous en fais mon compliment.
- Il en résulte que j'aime mes aises, et que je vends toute ma ferraille parce qu'elle me gêne.
- Je comprends cela.
- Il y a encore là les cuissards; ah! et puis les gants.
- Mais je n'ai pas besoin de tout cela.
- Ni moi non plus.
- Je prendrai seulement la cuirasse.
- Vous n'achetez donc que des cuirasses?
- Oui.
- C'est drôle, car enfin vous achetez pour revendre au poids; vous l'avez dit du moins, et du fer est du fer.
- C'est vrai, mais, voyez-vous, de préférence...
- Comme il vous plaira: achetez la cuirasse, ou plutôt, vous avez raison, allez, n'achetez rien du tout.
- Que voulez-vous dire?
- Je veux dire que, dans des temps comme ceux où nous vivons, chacun a besoin de ses armes.