bibliotheq.net - littérature française
 

Alexandre Dumas père - Les Quarante-Cinq

- Oh! oh! fit le cavalier ne pouvant réprimer un soubresaut d'impatience, - vous chantez bien haut,
monsieur le Gascon.

- Moi?

- Oui, vous.

- Je chante sur le ton qu'il me plaît, cap de Bious! tant pis pour ceux à qui mon chant ne plaît pas.

Le cavalier fit un mouvement de colère.

- Du calme! dit une voix douce en même temps qu'impérative, dont Robert Briquet chercha vainement à
reconnaître le propriétaire.

Le cavalier parut faire un effort sur lui-même; cependant il n'eut pas la puissance de se contenir tout à
fait.

- Et connaissez-vous bien ceux dont vous parlez, monsieur? demanda-t-il au Gascon.

- Si je connais Salcède?

- Oui.

- Pas le moins du monde.

- Et le duc de Guise?

- Pas davantage.

- Et le duc d'Alençon?

- Encore moins.

- Savez-vous que M. de Salcède est un brave?

- Tant mieux; il mourra bravement alors.

- Et que M. de Guise, quand il veut conspirer, conspire lui-même?

- Cap de Bious! que me fait cela?

- Et que M. le duc d'Anjou, autrefois M. d'Alençon, a fait tuer ou laissé tuer quiconque s'est intéressé à
lui, - La Mole, - Coconas, - Bussy et le reste?

- Je m'en moque.

- Comment! vous vous en moquez?

- Mayneville! Mayneville! murmura la même voix.

- Sans doute, je m'en moque. Je ne sais qu'une chose, moi, sang-dieu! j'ai affaire à Paris aujourd'hui
même, ce matin, et à cause de cet enragé de Salcède, on me ferme les portes au nez. Cap de Bious! ce

Salcède est un bélître, et encore tous ceux qui avec lui sont cause que les portes sont fermées au lieu

d'être ouvertes.

< page précédente | 10 | page suivante >

 
La plupart des textes et des images de ce site font partie du domaine public. Les droits d'auteur pour la présentation des matériaux
et le design du site appartiennent à bibliotheq.net. Toute suggestion et correction est la bienvenue.