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Alexandre Dumas père - Le vicomte de Bragelonne, 4
- Et le roi, à qui je demandais Mlle de La Vallière pour M. de Bragelonne, me refusa.
- C'est vrai, dit sèchement Louis.
- En alléguant, se hâta de dire Athos, que la fiancée n'avait pas d'état dans le monde.
Louis se contraignit pour écouter patiemment.
- Que... ajouta Athos, elle avait peu de fortune.
Le roi s'enfonça dans son fauteuil.
- Peu de naissance.
Nouvelle impatience du roi.
- Et peu de beauté, ajouta encore impitoyablement Athos.
Ce dernier trait, enfoncé dans le coeur de l'amant le fit bondir hors mesure.
- Monsieur, dit-il, voilà une bien bonne mémoire!
- C'est toujours ce qui m'arrive quand j'ai l'honneur si grand d'un entretien avec le roi, repartit le comte sans se troubler.
- Enfin, j'ai dit tout cela, soit!
- Et j'en ai beaucoup remercié Votre Majesté, Sire, parce que ces paroles témoignaient d'un intérêt bien honorable pour M. de Bragelonne.
- Vous vous rappelez aussi, dit le roi en pesant sur ces paroles, que vous aviez pour ce mariage une grande répugnance?
- C'est vrai, Sire.
- Et que vous faisiez la demande à contrecoeur?
- Oui, Votre Majesté.
- Enfin, je me rappelle aussi, car j'ai une mémoire presque aussi bonne que la vôtre, je me rappelle, dis-je, que vous avez dit ces paroles: «Je ne crois pas à l'amour de Mlle de La Vallière pour M. de Bragelonne.» Est-ce vrai?
Athos sentit le coup, il ne recula pas.
- Sire, dit-il, j'en ai déjà demandé pardon à Votre Majesté, mais il est certaines choses dans cet entretien qui ne seront intelligibles qu'au dénouement.
- Voyons le dénouement, alors.
- Le voici. Votre Majesté avait dit qu'elle différait le mariage pour le bien de M. de Bragelonne.
Le roi se tut.
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