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Alexandre Dumas père - Le vicomte de Bragelonne, 4
- Je le veux.
- Allons-y!... À la Bastille! continua d'Artagnan en s'adressant au cocher.
Et, se rejetant dans le carrosse, il mâcha sa moustache avec un acharnement qui, pour Athos, signifiait une résolution prise ou en train de naître.
Le silence se fit dans le carrosse, qui continua de rouler, mais pas plus vite, pas plus lentement. Athos reprit la main du mousquetaire.
- Vous n'êtes point fâché contre moi, d'Artagnan? dit-il.
- Moi? Eh! pardieu! non. Ce que vous faites par héroïsme, vous, je l'eusse fait, moi, par entêtement.
- Mais vous êtes bien d'avis que Dieu me vengera, n'est-ce pas, d'Artagnan?
- Et je connais sur la terre des gens qui aideront Dieu, dit le capitaine.
Chapitre CCII - Trois convives étonnés de souper ensemble
Le carrosse était arrivé devant la première porte de la Bastille. Un factionnaire l'arrêta, et d'Artagnan n'eut qu'un mot à dire pour que la consigne fût levée. Le carrosse entra donc.
Tandis que l'on suivait le grand chemin couvert qui conduisait à la cour du Gouvernement, d'Artagnan dont l'oeil de lynx voyait tout, même à travers les murs, s'écria tout à coup:
- Eh! qu'est-ce que je vois?
- Bon! dit tranquillement Athos, qui voyez-vous, mon ami?
- Regardez donc là-bas!
- Dans la cour?
- Oui; vite, dépêchez-vous.
- Eh bien! un carrosse.
- Bien!
- Quelque pauvre prisonnier comme moi qu'on amène.
- Ce serait trop drôle!
- Je ne vous comprends pas.
- Dépêchez-vous de regarder encore pour voir celui qui va sortir de ce carrosse.
Justement un second factionnaire venait d'arrêter d'Artagnan. Les formalités s'accomplissaient. Athos pouvait voir à cent pas l'homme que son ami lui avait signalé.
Cet homme descendit, en effet, de carrosse à la porte même du Gouvernement.
- Eh bien! demanda d'Artagnan, vous le voyez?
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