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Alexandre Dumas père - Le vicomte de Bragelonne, 3

Plus de Guiche, qui se croyait couvert, questionna Malicorne, plus celui-ci, qui travaillait à l'ombre,
devina son interrogateur.

Il s'ensuivit que, après un quart d'heure de conversation, pendant lequel de Guiche crut découvrir toute la
vérité sur La Vallière et sur le roi, il n'apprit absolument rien que ce qu'il avait vu de ses yeux; tandis que

Malicorne apprit ou devina, comme on voudra, que Raoul avait de la défiance à distance et que de

Guiche allait veiller sur le trésor des Hespérides.

Malicorne accepta d'être le dragon.

De Guiche crut avoir tout fait pour son ami et ne s'occupa plus que de soi.

On annonça le lendemain au soir le retour de de Wardes, et sa première apparition chez le roi.

Après sa visite, le convalescent devait se rendre chez Monsieur.

De Guiche se rendit chez Monsieur avant l'heure.

Chapitre CLI - Comment de Wardes fut reçu à la cour

Monsieur avait accueilli de Wardes avec cette faveur insigne que le rafraîchissement de l'esprit conseille
à tout caractère léger pour la nouveauté qui arrive.

De Wardes, qu'en effet on n'avait pas vu depuis un mois, était du fruit nouveau. Le caresser, c'était
d'abord une infidélité à faire aux anciens, et une infidélité a toujours son charme; c'était, de plus, une

réparation à lui faire, à lui. Monsieur le traita donc on ne peut plus favorablement.

M. le chevalier de Lorraine, qui craignait fort ce rival, mais qui respectait cette seconde nature, en tout
semblable à la sienne, plus le courage, M. le chevalier de Lorraine eut pour de Wardes des caresses plus

douces encore que n'en avait eu Monsieur.

De Guiche était là, comme nous l'avons dit, mais se tenait un peu à l'écart, attendant patiemment que
toutes ces embrassades fussent terminées.

De Wardes, tout en parlant aux autres, et même à Monsieur, n'avait pas perdu de Guiche de vue; son
instinct lui disait qu'il était là pour lui.

Aussi alla-t-il à de Guiche aussitôt qu'il en eut fini avec les autres.

Tous deux échangèrent les compliments les plus courtois; après quoi, de Wardes revint à Monsieur et aux
autres gentilshommes.

Au milieu de toutes ces félicitations de bon retour on annonça Madame.

Madame avait appris l'arrivée de de Wardes. Elle savait tous les détails de son voyage et de son duel avec
Buckingham. Elle n'était pas fâchée d'être là aux premières paroles qui devaient être prononcées par celui

qu'elle savait son ennemi.

Elle avait deux ou trois dames d'honneur avec elle.

De Wardes fit à Madame les plus gracieux saluts, et annonça tout d'abord, pour commencer les hostilités,
qu'il était prêt à donner des nouvelles de M. de Buckingham à ses amis.

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