|
Alexandre Dumas père - Le vicomte de Bragelonne, 3
Ce furent des bénédictions à réjouir le coeur d'Harpagon et à le rendre prodigue.
D'Artagnan se fit conduire par Planchet jusqu'au château et introduisit Porthos dans son appartement de capitaine, où il pénétra sans avoir été aperçu de ceux qu'il redoutait de rencontrer.
Chapitre CXLVII - La présentation de Porthos
Le soir même, à sept heures, le roi donnait audience à un ambassadeur des Provinces-Unies dans le grand salon.
L'audience dura un quart d'heure.
Après quoi, il reçut les nouveaux présentés et quelques dames qui passèrent les premières.
Dans un coin du salon, derrière la colonne, Porthos et d'Artagnan s'entretenaient en attendant leur tour.
- Savez-vous la nouvelle? dit le mousquetaire à son ami.
- Non.
- Eh bien! regardez-le.
Porthos se haussa sur la pointe des pieds et vit M. Fouquet en habit de cérémonie qui conduisait Aramis au roi.
- Aramis! dit Porthos.
- Présenté au roi par M. Fouquet.
- Ah! fit Porthos.
- Pour avoir fortifié Belle-Île, continua d'Artagnan.
- Et moi?
- Vous? Vous, comme j'avais l'honneur de vous le dire, vous êtes le bon Porthos, la bonté du Bon Dieu; aussi vous prie-t-on de garder un peu Saint Mandé.
- Ah! répéta Porthos.
- Mais je suis là heureusement, dit d'Artagnan, et ce sera mon tour tout à l'heure.
En ce moment, Fouquet s'adressait au roi:
- Sire, dit-il, j'ai une faveur à demander à Votre Majesté. M. d'Herblay n'est pas ambitieux, mais il sait qu'il peut être utile. Votre Majesté a besoin d'avoir un agent à Rome et de l'avoir puissant; nous pouvons avoir un chapeau pour M. d'Herblay.
Le roi fit un mouvement.
- Je ne demande pas souvent à Votre Majesté, dit Fouquet.
- C'est un cas, répondit le roi, qui traduisait toujours ainsi ses hésitations.
À ce mot, nul n'avait rien à répondre.
|