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Alexandre Dumas père - Le vicomte de Bragelonne, 2
porteurs au franciscain.
Il a été donné connaissance au lecteur des suites de cette expulsion, de la conversation de Manicamp, avec Montalais, que Manicamp, plus adroit que Malicorne, avait su trouver pour avoir des nouvelles de de Guiche; de la conversation subséquente de Montalais avec Malicorne; enfin du double billet de logement fourni à Manicamp et à Malicorne, par le comte de Saint Aignan.
Il nous reste à apprendre à nos lecteurs ce qu'étaient le voyageur au manteau, principal locataire du double appartement dont Malicorne avait occupé une portion, et le franciscain, tout aussi mystérieux, dont l'arrivée, combinée avec celle du voyageur au manteau, avait eu le malheur de déranger les combinaisons des deux amis.
Chapitre CXXVI - Un jésuite de la onzième année
Et d'abord, pour ne point faire languir le lecteur, nous nous hâterons de répondre à la première question.
Le voyageur au manteau rabattu sur le nez était Aramis, qui, après avoir quitté Fouquet et tiré d'un porte-manteau ouvert par son laquais un costume complet de cavalier, était sorti du château et s'était rendu à l'hôtellerie du Beau-Paon, où, par lettre, depuis sept jours, il avait bien, ainsi que l'avait annoncé l'hôte, commandé une chambre et un appartement.
Aramis, aussitôt après l'expulsion de Malicorne et de Manicamp, s'approcha du franciscain et lui demanda lequel il préférait de l'appartement ou de la chambre.
Le franciscain demanda où étaient placés l'un et l'autre.
On lui répondit que la chambre était au premier et l'appartement au second.
- Alors, la chambre, dit-il.
Aramis n'insista point, et, avec une entière soumission:
- La chambre, dit-il à l'hôte.
Et, saluant avec respect, il se retira dans l'appartement.
Le franciscain fut aussitôt porté dans la chambre.
Maintenant, n'est-ce pas une chose étonnante que ce respect d'un prélat pour un simple moine, et pour un moine d'un ordre mendiant, auquel on donnait ainsi, sans même qu'il l'eût demandée, une chambre qui faisait l'ambition de tant de voyageurs.
Comment expliquer aussi cette arrivée inattendue d'Aramis à l'hôtel du Beau-Paon, lui qui, entré avec M. Fouquet au château, pouvait loger au château avec M. Fouquet?
Le franciscain supporta le transport dans l'escalier sans pousser une plainte, quoique l'on vît que sa souffrance était grande, et qu'à chaque heurt de la civière contre la muraille ou contre la rampe de l'escalier, il éprouvait par tout son corps une secousse terrible.
Enfin, lorsqu'il fut arrivé dans la chambre:
- Aidez-moi à me mettre sur ce fauteuil, dit-il aux porteurs.
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