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Alexandre Dumas père - Le vicomte de Bragelonne, 2
- Il veut faire noyer Guiche.
- C'est violent.
- Ne riez pas, il est exaspéré. Avisez à quelque moyen.
- Pour sauver Guiche, volontiers.
- Oh! si votre frère vous entendait, il conspirerait contre vous comme faisait votre oncle, Monsieur, contre le roi votre père.
- Non. Philippe m'aime trop et je l'aime trop de mon côté; nous vivrons bons amis. Le résumé de la requête?
- C'est que vous empêchiez Madame d'être coquette et Guiche d'être aimable.
- Rien que cela? Mon frère se fait une bien haute idée du pouvoir royal... corriger une femme! Passe encore pour un homme.
- Comment vous y prendrez-vous?
- Avec un mot dit à Guiche, qui est un garçon d'esprit, je le persuaderai.
- Mais Madame?
- C'est plus difficile; un mot ne suffira pas; je composerai une homélie, je la prêcherai.
- Cela presse.
- Oh! j'y mettrai toute la diligence possible. Nous avons répétition de ballet cette après-dînée.
- Vous prêcherez en dansant?
- Oui, madame.
- Vous promettez de convertir?
- J'extirperai l'hérésie par la conviction ou par le feu.
- À la bonne heure! Ne me mêlez point dans tout cela, Madame ne me le pardonnerait de sa vie; et, belle-mère, je dois vivre avec ma bru.
- Madame, ce sera le roi qui prendra tout sur lui. Voyons, je réfléchis.
- À quoi?
- Il serait peut-être mieux que j'allasse trouver Madame chez elle?
- C'est un peu solennel.
- Oui, mais la solennité ne messied pas aux prédicateurs, et puis le violon du ballet mangerait la moitié de mes arguments. En outre, il s'agit d'empêcher quelque violence de mon frère... Mieux vaut un peu de précipitation... Madame est-elle chez elle?
- Je le crois.
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