une palissade, et je l'ai envoyé rejoindre son épée.
- Et pourquoi ne l'avez-vous pas tué?
- Sa Majesté défend le duel, monsieur, et j'étais en ce moment ambassadeur de Sa Majesté.
- C'est bien, dit Athos, mais raison de plus pour que j'aille parler au roi.
- Qu'allez-vous lui demander, monsieur?
- L'autorisation de tirer l'épée contre celui qui nous a fait cette offense.
- Monsieur, si je n'ai point agi comme je devais agir, pardonnez-moi, je vous en supplie.
- Qui vous a fait un reproche, Raoul?
- Mais cette permission que vous voulez demander au roi.
- Raoul, je prierai Sa Majesté de signer à votre contrat de mariage.
- Monsieur...
- Mais à une condition...
- Avez-vous besoin de condition vis-à-vis de moi? ordonnez, monsieur, et j'obéirai.
- À la condition, continua Athos, que vous me direz le nom de celui qui a ainsi parlé de votre mère.
- Mais, monsieur, qu'avez-vous besoin de savoir ce nom?
- C'est à moi que l'offense a été faite, et une fois la permission obtenue de Sa Majesté, c'est moi que la
vengeance regarde.
- Son nom, monsieur?
- Je ne souffrirai pas que vous vous exposiez.
- Me prenez-vous pour un don Diegue? Son nom?
- Vous l'exigez?
- Je le veux.
- Le vicomte de Wardes.
- Ah! dit tranquillement Athos, c'est bien, je le connais. Mais nos chevaux sont prêts, monsieur; au lieu
de partir dans deux heures, nous partirons tout de suite. À cheval, monsieur, à cheval!
Chapitre XCI - Monsieur est jaloux du duc de Buckingham
Tandis que M. le comte de La Fère s'acheminait vers Paris, accompagné de Raoul, le Palais-Royal était le
théâtre d'une scène que Molière eût appelée une bonne comédie.
C'était quatre jours après son mariage; Monsieur, après avoir déjeuné à la hâte, passa dans ses