sera heureux que vous ayez pensé a lui.
- Bon Porthos, s'écria d'Artagnan; je brule de l'embrasser!
- Oh! dit Mousqueton attendri, je le lui écrirai bien certainement, monsieur.
- Comment, s'écria d'Artagnan, tu le lui écriras?
- Aujourd'hui meme, sans retard.
- Il n'est donc pas ici?
- Mais, non, monsieur.
- Mais est-il pres? est-il loin?
- Eh! le sais-je, monsieur, le sais-je? fit Mousqueton.
- Mordioux! s'écria le mousquetaire en frappant du pied, je joue de malheur! Porthos si casanier!
- Monsieur, il n'y a pas d'homme plus sédentaire que Monseigneur. Mais...
- Mais quoi?
- Quand un ami vous presse...
- Un ami?
- Eh! sans doute; ce digne M. d'Herblay.
- C'est Aramis qui a pressé Porthos?
- Voici comment la chose s'est passée, monsieur d'Artagnan. M. d'Herblay a écrit a Monseigneur...
- Vraiment?
- Une lettre, monsieur, une lettre si pressante qu'elle a mis ici tout a feu et a sang!
- Conte-moi cela, cher ami, dit d'Artagnan, mais renvoie un peu ces messieurs, d'abord.
Mousqueton poussa un «Au large, faquins!» avec des poumons si puissants, qu'il eut suffi du souffle sans
les paroles pour faire évaporer les quatre laquais. D'Artagnan s'assit sur le brancard de la boîte et ouvrit
ses oreilles.