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Alexandre Dumas père - Le vicomte de Bragelonne, 1
Le roi partit d'un nouvel éclat de rire, qui changea en épouvante la frayeur de d'Artagnan.
- Sire, de grâce, promettez-moi de me laisser traiter cette négociation; et puis, si vous n'avez plus besoin de mes services...
- Non, chevalier. Vous voulez partir? répondit Charles avec une hilarité de plus en plus inquiétante.
- Si Votre Majesté n'a plus rien a me demander.
Charles redevint a peu pres sérieux.
- Une seule chose. Voyez ma soeur, lady Henriette. Vous connaît-elle?
- Non, Sire; mais... un vieux soldat comme moi n'est pas un spectacle agréable pour une jeune et joyeuse princesse.
- Je veux, vous dis-je, que ma soeur vous connaisse; je veux qu'elle puisse au besoin compter sur vous.
- Sire, tout ce qui est cher a Votre Majesté sera sacré pour moi.
- Bien... Parry! viens, mon bon Parry.
La porte latérale s'ouvrit, et Parry entra, le visage rayonnant des qu'il eut aperçu le chevalier.
- Que fait Rochester? dit le roi.
- Il est sur le canal avec les dames, répliqua Parry.
- Et Buckingham?
- Aussi.
- Voila qui est au mieux. Tu conduiras le chevalier pres de Villiers... c'est le duc de Buckingham, chevalier... et tu prieras le duc de présenter M. d'Artagnan a lady Henriette.
Parry s'inclina et sourit a d'Artagnan.
- Chevalier, continua le roi, c'est votre audience de congé; vous pourrez ensuite partir quand il vous plaira.
- Sire, merci!
- Mais faites bien votre paix avec Monck.
- Oh! Sire...
- Vous savez qu'il y a un de mes vaisseaux a votre disposition?
- Mais, Sire, vous me comblez, et je ne souffrirai jamais que des officiers de Votre Majesté se dérangent pour moi.
Le roi frappa sur l'épaule de d'Artagnan.
- Personne ne se dérange pour vous, chevalier, mais bien pour un ambassadeur que j'envoie en France et
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