cérémonie.
Louise se leva, sa mere la prit par la main et l'entraîna sur le palier.
- Venez, dit-elle.
Et tout bas:
- Quand je vous défends de venir chez Montalais, pourquoi y venez-vous?
- Madame, c'est mon amie. D'ailleurs, j'arrivais.
- On n'a fait cacher personne devant vous?
- Madame!
- J'ai vu un chapeau d'homme, vous dis-je: celui de ce drôle, de ce vaurien!
- Madame! s'écria Louise.
- De ce fainéant de Malicorne! Une fille d'honneur fréquenter ainsi... fi!
Et les voix se perdirent dans les profondeurs du petit escalier.
Montalais n'avait pas perdu un mot de ces propos que l'écho lui renvoyait comme par un entonnoir.
Elle haussa les épaules, et, voyant Raoul qui, sorti de sa cachette, avait écouté aussi:
- Pauvre Montalais! dit-elle, victime de l'amitié!... Pauvre Malicorne!... victime de l'amour!
Elle s'arreta sur la mine tragi-comique de Raoul, qui s'en voulut d'avoir en un jour surpris tant de secrets.
- Oh! mademoiselle, dit-il, comment reconnaître vos bontés?
- Nous ferons quelque jour nos comptes, répliqua-t-elle; pour le moment, gagnez au pied, monsieur de
Bragelonne, car Mme de Saint- Remy n'est pas indulgente, et quelque indiscrétion de sa part pourrait
amener ici une visite domiciliaire fâcheuse pour nous tous. Adieu!
- Mais Louise... comment savoir?...
- Allez! allez! le roi Louis XI savait bien ce qu'il faisait lorsqu'il inventa la poste.
- Hélas! dit Raoul.
- Et ne suis-je pas la, moi, qui vaux toutes les postes du royaume? Vite a votre cheval! et que si Mme de
Saint-Remy remonte pour me faire de la morale, elle ne vous trouve plus ici.
- Elle le dirait a mon pere, n'est-ce pas? murmura Raoul.