|
Alexandre Dumas père - Le vicomte de Bragelonne, 1
- Monsieur, je ne souffrirai pas...
- Planchet, tu ne peux en etre, il te faudrait quitter ton commerce.
- L'affaire ne se fait pas a Paris?
- Non.
- Ah! a l'étranger?
- En Angleterre.
- Pays de spéculation, c'est vrai, dit Planchet... pays que je connais beaucoup... Quelle sorte d'affaire, monsieur, sans trop de curiosité?
- Planchet, c'est une restauration.
- De monuments?
- Oui, de monuments, nous restaurerons White Hall.
- C'est important... Et en un mois vous croyez?...
- Je m'en charge.
- Cela vous regarde, monsieur, et une fois que vous vous en melez...
- Oui, cela me regarde... je suis fort au courant... cependant je te consulterai volontiers.
- C'est beaucoup d'honneur... mais je m'entends mal a l'architecture.
- Planchet... tu as tort, tu es un excellent architecte, aussi bon que moi pour ce dont il s'agit.
- Merci...
- J'avais, je te l'avoue, été tenté d'offrir la chose a ces Messieurs, mais ils sont absents de leurs maisons... C'est fâcheux, je n'en connais pas de plus hardis ni de plus adroits.
- Ah ça! il paraît qu'il y aura concurrence et que l'entreprise sera disputée?
- Oh! oui, Planchet, oui...
- Je brule d'avoir des détails, monsieur.
- En voici, Planchet, ferme bien toutes les portes.
- Oui, monsieur.
Et Planchet s'enferma d'un triple tour.
- Bien, maintenant, approche-toi de moi.
Planchet obéit.
- Et ouvre la fenetre, parce que le bruit des passants et des chariots rendra sourds tous ceux qui pourraient
|