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Alexandre Dumas père - La reine Margot, 2
- On a voulu vous arrêter.
- Moi?
- Oui, vous.
- Et à quel propos?
- Je ne sais. Où étiez-vous?
- Le roi m'avait emmené hier soir avec lui par la ville.
- Alors il le savait, dit d'Alençon. Mais puisque vous n'étiez pas chez vous, qui donc y était?
- Y avait-il donc quelqu'un chez moi? demanda Henri comme s'il l'eût ignoré.
- Oui, un homme. Quand j'ai entendu le bruit, j'ai couru pour vous porter secours; mais il était trop tard.
- L'homme était arrêté? demanda Henri avec anxiété.
- Non, il s'était sauvé après avoir blessé dangereusement Maurevel et tué deux gardes.
- Ah! brave de Mouy! s'écria Henri.
- C'était donc de Mouy? dit vivement d'Alençon. Henri vit qu'il avait fait une faute.
- Du moins, je le présume, dit-il, car je lui avais donné rendez-vous pour m'entendre avec lui de votre fuite, et lui dire que je vous avais concédé tous mes droits au trône de Navarre.
- Alors, si la chose est sue, dit d'Alençon en pâlissant, nous sommes perdus.
- Oui, car Maurevel parlera.
- Maurevel a reçu un coup d'épée dans la gorge; et je m'en suis informé au chirurgien qui l'a pansé, de plus de huit jours il ne pourra prononcer une seule parole.
- Huit jours! c'est plus qu'il n'en faudra à de Mouy pour se mettre en sûreté.
- Après cela, dit d'Alençon, ça peut être un autre que M. de Mouy.
- Vous croyez? dit Henri.
- Oui, cet homme a disparu très vite, et l'on n'a vu que son manteau cerise.
- En effet, dit Henri, un manteau cerise est bon pour un dameret et non pour un soldat. Jamais on ne soupçonnera de Mouy sous un manteau cerise.
- Non. Si l'on soupçonnait quelqu'un, dit d'Alençon, ce serait plutôt...
Il s'arrêta.
- Ce serait plutôt M. de La Mole, dit Henri.
- Certainement, puisque moi-même, qui ai vu fuir cet homme, j'ai douté un instant.
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