dans ses mains.
- Bonsoir, monsieur de la Mole, dit Beaulieu. Le jeune homme leva lentement la tête.
- Bonsoir, monsieur, dit-il.
- Monsieur, continua le gouverneur, je viens vous fouiller.
- C'est inutile, dit La Mole, je vais vous remettre tout ce que j'ai.
- Qu'avez-vous?
- Trois cents écus environ, ces bijoux, ces bagues.
- Donnez, monsieur, dit le gouverneur.
- Voici.
La Mole retourna ses poches, dégarnit ses doigts, et arracha l'agrafe de son chapeau.
- N'avez-vous rien de plus?
- Non pas que je sache.
- Et ce cordon de soie serré à votre cou, que porte-t-il? demanda le gouverneur.
- Monsieur, ce n'est pas un joyau, c'est une relique.
- Donnez.
- Comment! vous exigez?...
- J'ai ordre de ne vous laisser que vos vêtements, et une relique n'est point un vêtement.
La Mole fit un mouvement de colère, qui, au milieu du calme douloureux et digne qui le distinguait,
parut plus effrayant encore à ces gens habitués aux rudes émotions.
Mais il se remit presque aussitôt.
- C'est bien, monsieur, dit-il, et vous allez voir ce que vous demandez.
Alors se détournant comme pour s'approcher de la lumière, il détacha la prétendue relique, laquelle n'était
autre qu'un médaillon contenant un portrait qu'il tira du médaillon et qu'il porta à ses lèvres. Mais après